La
dépression.
La
dépression. C'est un mot violent, et une sensation toute aussi
violente qui frappe beaucoup d'entre nous et nous fait peur. On ne
sait pas s'il elle s'arrête, on ne sait pas comment s'en sortir. On
a peur d'elle et elle nous mange.
Ça
commence parfois par une grosse déception. Le monde va bien, on fait
quelque chose qui nous plaît, on est en couple, on a de amis, bref,
une vie plaisante. Et la dépression arrive pour remplacer l'un de
ces soutien que l'on perd. Son compagnon, ou bien son métier. Moi
j'ai perdu la bijouterie. Promise à deux année de plus, j'y allais
en me projetant dans cet avenir, et il s'est coupé devant moi. Net,
un midi.
Au
début j 'ai été abasourdie. J'y croyais pas plus que ça.
J'ai bu une bouteille de vin entre midi et deux avec une amie pour
« fêter » cette aberration. Après, je suis allée voir
mes professeurs coupable en sentant la piquette. J'ai réalisé que
c'était vrai. Alors j'ai vécu au moment présent, en faisant un peu
n'importe quoi sur ma fin d'année scolaire. Sécher les cours,
rigoler avec mes potes. Haïr le lycée. Jusque là, en fait tout
allait bien.
Après,
les vacances sont arrivées. J'ai fait un peu trop n'importe quoi
pour un peu trop m'amuser. Drogues, alcool, tromperies...
Je
devais habiter avec mon ami l'année qui suivait, en septembre. Il
est venu mais je ne me levais non plus le matin. Et il ne se levais
pas pour aller bosser. Parce qu'il n'y avait pas de boulot là où
on était.
Ça
a commencé comme ça. On se dit que c'est le pied, grâce mat' tous
les matins avec son homme. Mais ça devient un enfer. C'est
« pourquoi je me lève ? » Pour rien faire.
« Pourquoi je me couche ? » les insomnies arrivent
alors... On dort tout le temps. Fatigue physique. Fatigue moral. Plus
de courage. Les courses et l'achat de clopes sont l'ultime sortie. On
a acheté un chat pour nous distraire. Mais même lui j'ai commencé
à le détester, et lui à déprimer. Il voulait sortir, mais on
avait un 50m² au deuxième étage. Il nous a ruiner l'appart, et
plusieurs fois je le jetais à travers l'appartement. Notre vie se
résumait à la console, l'ordinateur, le canapé. J'avais des
systites à répétitions, il savait que je l'avais trompé, on étais
mal, on s’engueulait.
Et
puis un soir, j'ai gueulé après le chat, j'ai failli le tuer. Je
suis passée en cinq minutes de l'irritabilité à la colère
furieuse, puis une tristesse infinie car je ne voulais plus de chat
mais mon toutou d'avant, puis au rire de folie nerveuse. Je suis
alors sortie. J'ai appelée ma mère. Je lui ai dit que je voulais
arrêter tout ça. Je ne me souviens plus du détail, mais ça à
durer presque six moi je dirais.
J'ai
alors demandé à mon ami de rentrer chez lui. Je l'ai quitté. Et je
suis retournée au berceau, chez maman. Retour à la case départ.
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