mardi 26 novembre 2013

La Vieillesse

La Vieillesse

La vieillesse... Nous les vieux. On nous voit de façon différente. On nous voit comme des dépendants matériels. On nous sublimes comme des porteurs de la connaissance. Nous sommes les aïeux. On nous donne ce rôle de doyen. Nous avons tant vécu, et tellement plus rien à dire.
On nous voit comme les racines d'une famille, les films vivant d'une histoire. Mais nous sommes encore des enfants... Plus que jamais. Ce que l'on ne dit pas, c'est que nous sommes toujours aussi jeunes, tellement aussi apeurés, tellement aussi émotifs. Nous le vivons avec juste davantage d'acceptation. Mais ce que vous ignorez, c'est que nous n'avons pas le choix, de l'avoir cette sagesse.
Il est un jour qui arrive, et qui arrive trop vite, ou trop lentement, où on devient grand parent. Où nos cheveux blancs recouvre nos têtes. Il arrive un jour, où on regarde derrière soi. La première moitié de la vie est passée, et nous, on se retrouve là, sans avoir vraiment changé.
La différence entre vous et nous les vieux, c'est que l'on pense changer toute sa vie, et lorsque l'on se réveille vieux, on découvre ce qui n'a jamais changé. On devient l'enfant intérieur. Vous savez, cet enfant innocent, sage... Celui que l'on recherche toute sa vie ; mais qui se révèle si différent de ce que l'on imaginait... Et puis on regarde toute sa vie derrière soi. Avec ses yeux d'enfant. D'enfant vieux. Parce qu'alors, on se sent tout petit.
On regarde sa vie, que l'on a construit. Et alors on se dit « Alors c'était ça ma vie. » Comme lorsqu'on fait l'amour la première fois, et que l'on se dit « Alors c'était ça ». Comme lorsqu'on se marie, et que l'on se dit « ça y est ». On regarde alors son vieux mari en se disant « Alors c'était lui ? ». Ou bien, si l'on a pas connu cet amour, « alors, je ne le verrai pas ? Je ne connaîtrai pas cet amour qui fait que si l'on meurt vieux, c'est ensemble ? ».
On regarde sa vie en se disant, « Alors, c'était ça ma vie. Voilà ce que j'ai réalisé. » Mais qu'est ce qu'on a vraiment réalisé ? Comment vont nos enfants ? Et leurs enfants ? Et puis on les comble de cadeaux parce que, nous, on adorait les recevoir, où on aurait tant aimé être si gâté. Et puis on aime, oh oui on aime, parce qu'il ne reste plus que cela, d'aimer ces petites vies que l'on a un peu créées, indirectement... On ne peut qu'être content. On se suffit à notre propre reconnaissance. Le regret n'apporte plus rien. Le temps n'est plus là. La vie est faite. Et restera comme ça. Alors on donne tout l'amour qu'il nous reste.
Parce que nous, les vieux, on a plein d'énergie, une énergie que vous ne connaissez pas encore. Vous, vous courrez, vous vous essoufflez, vous restez assis, vous mettez debout, bougez sans cesse. Vous avez mal au dos, mais continuez de courir. Mais ce n'est pas l'énergie, ça. Nous, nous ne pouvons plus. Nous n'avons plus vraiment mal, mais notre corps s'habitue. Notre esprit, s'embrouille mais notre énergie est autre. Un jour arrive où notre corps, ou bien notre esprit se mêle à cette vieille terre. Et on comprend alors cette vieille terre, qui reste là et qui accepte. Mais qui bouge bien trop lentement. Et pourtant qui vous aime tant.. On devient comme cette bonne vieille terre. On se mêle à elle, et on se perd en tant qu'individu. En tant qu'unité. C'est ce qu'appellent les bouddhistes le détachement. Ne cherchez pas trop vite à l'atteindre. Il arrivera quand vous vieillirez.
Quand vous pourrez qu'accepter la vie passée. Quand lorsque l'on vous demandera « Qu'as-tu vécu », il sera trop long de tout dire, trop fastidieux de tout raconter. Car les mots n'importeront plus, et la reconnaissance non plus, car la terre, elle, sait. Et que ça suffit. Que chacun y verra sa vie, en temps voulu...Nous avons tant vécu, et tellement plus rien à dire.
Mais non, ce n'est pas triste. C'est si beau ; Parce que ce que vous, vous voyez comme douleur, pour nous, c'est comme un soulagement. Nos poids partent. Des fois, c'est un peu nostalgique, mais en fait, c'est assez beau. Les poids partent. On ne se demande plus si on fait bien, ou mal. On a fait. C'est fait. Après, c'est facile. Il suffit d'aimer, pour se préparer à partir en paix. Il suffit d'aimer pour que les suivants puissent aimer plus tard à leur tour. Nous ne sommes plus des vagues, nous sommes l'eau. Nous ne sommes plus un arbre parmi d'autre. Nous sommes la terre. Et il nous faut laisser, ce jour où l'on devient vieux, le meilleur pour ces petits arbres derrière nous.
Ne prenez pas nos douleurs physiques comme des plaies, ni nos rides pour de la fatigue, et encore moins nos pertes de mémoire comme contrainte. Parce que la terre, elle, n'oublie pas. Alors, si nous on oublie, c'est bien aussi.

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Programme 2014 :

L'inde, ou le Ladakh, c'est encore là. Le goût de se sentir soi reste là. On ne revient jamais vraiment, et donc, ce n'est pas qu'on veuille partir à la recherche de soi, mais dans mon cas, je souhaite partir à la recherche de l'autre. Non pas l'attendre...
Alors, comme je suis quelqu'un qui change d'horizon comme de chemise, bah je vais pas perdre mes bonnes habitudes.
Je rends le local fin décembre. Et oui, ce fut court. D'ailleurs, ceux qui veulent en profiter, du coup, faites vite !
Tout mon petit fond de commerce, pierres, livres et compagnie, je le vends.
J'amortis et met un peu d'argent de côté.
Dans 2 semaines : Direction les rues d'Alsace pour faire des tirages de tarot et des numérologies dans la rue. Ou bien chanter quand j'aurais un peu froid.
Février : Je pars à Lyon une semaine.
Avril : Bonjour l’Angleterre !
Juin : Examens !
Juillet et Août : La Chine, pardi !
Entre temps, des stages, des formations... Voir ce qui se cache à gauche à droite.
Et puis me faire un simple petite salle dans un nouveau chez moi.
Oui, je sais je me projette z'allez dire. Non, non. Alea jacta est !
Je suis heureuse. Car je vis aujourd'hui au présent, aucun échec, mais une partie de moi qui se réveille, car la porte qui s'est fermé, m'en ouvre de plus belles.
Toute porte qui se ferme, en ouvre bien d'autres, et qui vous ressemblent toujours davantage que les précédentes ! Alors je ne fais que regarder toutes ces belles portes. Et comme personne n'est parfait, bah moi je suis éparpillée, mais j'aime ça ! Parce que j'ai 23ans, et que j'ai le droit !


Perdre son entreprise avec le sourire.


Une porte qui se ferme, c'est 100 autres qui s'ouvrent.
Aujourd'hui je lâche tout parce que ça ne marche pas, et je suis libre.
Pas de moment de tristesse, parce que y'a tellement de belles choses à faire en plus. Autre.
Pourquoi être triste ? On ne perd rien. On avance, c'est tout. :)
Alors voilà ce que j'ai dis avant de fermer :

A TOUS :
Le centre ferme! Oui ce fut court! Mais Gaia Energie ne ferme pas ;)
Juste le centre à Champniers.
J'ai ouvert ce centre en Septembre, et en l'espace de 3mois, j'ai reçu à peine 4 nouvelles visites.
Pas de soucis de publicité, où que j'allais, à Limoges, en voiture, chez un coiffeur, n'importe où, déposer mes affiches c'était toujours les mêmes mots "Oh mais je vous connais, on m'a recommandé d'aller vous voir, j'attendais le bon moment. " "Oh mais je vous connais, oui oui, je sais qui vous êtes." Bah oui on me connait. Mais ça s'arrête là.
Pas de mal! Je sais qu'il y a le fait d'être doué ou non qui entre en jeu, mais j'aurais largement ma clientèle en Alsace alors... cette fois ce n'est pas ça.
Je n'en veux à personne, loin de là. J'aime tout le monde. Je sais simplement qu'avant tout ça, je vais repartir sur les routes, et c'est moi qui viendrais à vous :)
Je serais là si besoin, je me déplacerai. (autant que je peu là où je suis). Et je continuerai mon chemin de l'apprentissage.
Je liquide donc mes stocks de pierres, d'encens, de livres, de bijoux, et je l'utiliserai pour aller apprendre en Chine, et en Inde.
Je suis là pour vous, je le reste. Je viendrais à vous dans le besoin :)
Alors merci à tout ceux qui me soutienne, en vrai, ici ou sur ma cagnotte pour partir apprendre!
Je vous aime !

Petite histoire... presque vraie.

Petite histoire... presque vraie.

Je vais vous raconter l'histoire d'une femme. Une pauvre femme.
Cette femme, née dans la première moitié du dix neuvième siècle, s'est marié à un homme comme beaucoup à cette époque, et lui devait obéissance. C'était un homme violent, souvent ivre. Il était fonctionnaire, aimait l'ordre. Ensemble, ils eurent trois enfants, tous morts tôt. L'homme frappait les mômes, et sa bien-aimée. Un jour peut-être, alors qu'elle portait un enfant, l'a-t-il battu, et tombant à terre, elle fit une fausse couche.
Il violait des femmes servantes, ou esclaves, élevait ses bâtards à coups de poings.
Alors que la pauvre femme eu après quelques violents ébats et neuf mois de souffrance mis au monde un dernier enfant, le dernier qu'elle aurait peu-être le temps d'élever, elle se rendit chez la sage femme pour accoucher.
L'enfant grandit dans une famille emplie de mal-être. Il était bon à l'école pendant un temps puis voulu devenir artiste peintre. Mais son père refusa. Il serait fonctionnaire, ou rien. Il serait battu, pour apprendre.
Petit garçon devint ordonné, bien qu'il jouait au cow-boys et aux indiens, l'image de l'autorité déteint sur lui. Mais il n'aimait pas son père. Et lorsque celui-ci décéda, l'on dit que ce fut pour lui comme un déclic, un soulagement, une liberté.

Alors que la pauvre femme eu de violents ébats, avec son mari, pour mettre cet enfant au monde, lorsqu'elle fut probablement violée, comme ses servantes, qu'elle souffrait, pleurait, et acceptait par soumission son triste sort, qu'elle pensait peut-être «Aurais-je peut-être la chance d'élever cet enfant qui naîtra ou mourra-t-il comme tous les autres... ? », lorsqu'il sécréta la semence, qu'il se retira, neuf mois plus tard, la sage femme demanda alors à Madame :
« Comment voulez-vous l'appeler ce petit bonhomme ?
- Adolf. Adolf Hitler. » répondit-elle.

La rupture.

La rupture.

J'ai rencontré une personne au Ladakh. Elle était à la fois comme moi et tout son contraire.
Il était un paradoxe. Spirituel dans les actes et cartésien dans les mots. Ou spirituel dans les mots, et cartésien dans les actes. Là-bas, les deux se mélangent et cohabitent. Mais pas en lui. En lui, c'était le déluge. Un magnifique déluge. Il connaissait les épreuves de la vie. Il savait vivre les épreuves de la vie. Il semblait sage et enfantin.
Il n'avait pas peur. Il n'avait pas de doute. Il vivait le présent.
J'ai eu de la peur, j'ai eu des doutes, mais j'ai appris le présent.
Lorsque j'avais mal, à mon corps, de marcher, et que j'avais mal à mon esprit, d'être fatiguée, je voulais m'arrêter, je voulais ne pas faire d'effort. Mais je faisais un trek. J'étais paresseuse. Lorsque je pouvais prendre la voiture, ou le cheval pour avancer, mon corps voulait se précipiter dessus. Mais mon esprit voulait avancer.
Lorsque j'avais mal au corps, et à l'esprit, j'empoignais son sac à dos, il il (supprime le doublon) m'aidait à marcher. Lorsque j'avais mal au corps et à l'esprit, il restait derrière, à mes côtés, pour m'aider.
Et lorsque j'allais bien, il n'arrivait pas à rester loin. Nous marchions ensemble pratiquement en permanence. Plus le temps passait, plus nous ne pouvions nous séparer. J'apprenais de la vie, il apprenait de ses émotions. J 'apprenais la philosophie bouddhiste, j'apprenais le détachement, j'apprenais la relation humaine, j'apprenais d'autres points de vue. Il apprenait à ressentir, à s'écouter, à vivre une émotion nouvelle.
Nous ressentions tous les deux de nouvelles émotions. Un ultime lien karmique. Un ultime lien de détachement.
Apprendre le détachement à 8000km de distance. Mais pas tout de suite, dans le présent, il y avait d'abord l'attachement...
La culture ne permet pas de se montrer avec une fille, et se cacher donnait à la fois une frustration et un jardin dont personne ne trouverait la clé.
La première nuit m'a fait peur. Mais elle m'a guérie.
Les suivantes... ne me faisaient plus peur.
J'ai connu le tantrisme et l'amour simultanément. Non pas l'un après l'autre, mais bel et bien en même temps. Différents.
J'avais un peu de moi en lui, dans sa dualité, et vice-versa. Et nous étions différents, dans sa peur de ressentir et la façon de le faire.
Et bien sûr dans nos cultures... Et dans la culture de la relation.
Je n'ai jamais vécu un partage si enrichissant. J'ai connu en une seule seconde, un sentiment qui pouvait rassembler la découverte, la joie, le rire, la peur, l'amour, le désir, l'agacement, la tristesse, l'attachement et le détachement, et tout ça en même temps.
Lorsque je suis partie, j'ai senti un morceau de cœur s'arracher. J'ai eu mal quelques jours.
J'ai cicatrisé quelques semaines. J'ai coupé le lien au bout d'un mois. J'aurais une trace toute ma vie. Quelques fois douloureuse, quelques fois joyeuse.
On décide toujours de vivre les choses d'une belle ou d'une triste façon. Car si la façon est triste, c'est que l'on n'assume pas ses choix. Si l'on ne vit pas les choses d'une belle façon, c'est que nous ne comprenons pas.
Quelque fois, ce sont de bons sentiments, car je ne voudrais pour rien au monde, perdre ce souvenir. Ce sont de bons sentiments car je serais toujours heureuse d'avoir vécu si belle relation.
Quelques fois, ce sont de tristes émotions, car elles appartiennent au passé. Et n'ont pas leur place dans le présent. Mais s'en rappeler, quand mon corps s'en souvient, la tristesse est belle et emplie d'amour. J'aurais toujours cet amour en moi. Si grand, qu'il sera donné à tous. Jusqu'au bout du temps.
Merci pour tout ça.

La guérison du chamanisme

La guérison du chamanisme

Depuis toute petite, je fais des infections urinaires. J'avais toujours ce souci de vessie qui brûle. Un peu comme l'eau dans son corps qui bouillonne. Comme si l'émotionnel était toujours en feu...
Quand j'ai grandi ça s'est transformé en cystites. Chaque fois que j'étais en couple et que celui-ci commençait à mal tourner je tombais malade. Huit mois sur douze, je vivais ce calvaire.
J'ai essayé les antibiotiques, les plantes, l'huile essentielle, les pierres, la médecine chinoise... Tout y faisait mais chaque fois la maladie réapparaissait deux mois après.
J'ai alors voulu essayé par le biais du chamanisme et sa guérison.
J'ai commencé les transes pour découvrir mon animal de guérison. A cette époque, mon guide était une panthère noire. Premiers coups de tambour, je suis arrivée dans cette jungle verte. Je marchais comme un félin, poils et narines aux aguets pour repérer les moindres mouvements alentours.
J'ai alors demandé à ma panthère de me conduire vers mon animal de guérison.
Nous avons alors couru à travers les feuillages et sur les branches jusqu'au bord de l'immensité verte. Je suis alors arrivée à un désert. Pas de logique possible dans une transe chamanique, et sans m'inquiéter, j'ai alors avancé nue et humaine sur ce territoire aride. Et contre toute attente, c'est un ours que j'ai vu arriver. Avec lui avançait un paysage plus doux. Quelques arbres et quelques rivières, un poisson dans la gueule, il est venu à moi et s'est assis.
« Peux-tu guérir mes reins ? 
- Viens dans mes pattes, me dit-il, et chaque soir, endors-toi là. »
Ce que je fis chaque soir avant de m'endormir, je visualisais ce gros nounours pour m'y blottir.
Quelques semaines après, sans résultat, je lui demande alors :
« Ours, je ne vois pas de changement. Ça ne me guérit pas ce que tu me fais.
- Alors pose la question autrement. »
J'ai réfléchi et réfléchi encore... Pour comprendre ce qu'il voulait dire. Et puis un soir, ça m'a paru évident. Je suis retournée le voir.
« Ours, qu'est-ce que je peux faire pour me guérir moi-même de cette maladie ?
- Voilà la bonne question !
Tout d'abord, construis ton univers de guérison. Dans quel monde veux-tu te sentir ?
- J'aimerais un jardin. Avec une fontaine et un hamac de branches et de feuilles. »
Alors le paysage se transforma pour laisser place à un jardin fleuri, avec plusieurs fontaines, des feuilles, des arbres, des roses et un lit de nature. EN le voyant grandir, j'ajoutais en mon imagination tout ce qui pouvait être parfait pour se sentir bien dans un univers de douceur.
« Bien. Et maintenant, que veux-tu y ajouter qui puisse te guérir ?
- Un arbre. »
Alors un arbre géant apparu. Ses racines étaient grandes et profondes. Elles passaient par-dessus et dessous la terre, comme de géants doigts. Dans son tronc, apparut une crevasse géante, entre ses racines et la terre, comme un tunnel noir qui s'enfonçait dans les profondeurs de la Mère.
« Vas-y » me dit l'ours.
Alors je pénétrais dans la grotte. J'y vis comme une sorte de salle immense, faite de boue et de bois, avec au centre, une coupe taillée dans les racines et les branchages de l'immense arbre.
Je m'approchais de cette coupe, et vis dedans simplement de la terre.
L'ours, qui m'avait accompagné me dit :
« Cette coupe sont les mains de la Terre, et la Terre est guérison. Pose l'esprit de tes reins, et de tout organe que tu voudras guérir dans cette coupe, et recouvre-les de terre. Puis en attendant, laisse-les entre les mains de la Mère, et viens te reposer entre mes pattes. Demain, tu les réoccuperas. »
Le lendemain, je visualisais mes organes propres et guéris, revenir en mon corps. J'avais moins mal les jours qui ont suivi. Mais la guérison ne s'arrêtait pas là. Je devais maintenant soigner mon corps dans le monde réel.
Je participai alors à ma première hutte de sudation.
Une hutte de sudation, c'est un amas de branches et de terre qui forme une hutte. En elle, nous disposons des pierres chauffées à rouge préalablement lors d'un grand feu pour appeler les esprits du soleil, de la lune, de la terre et du ciel. Des points cardinaux, et tous nos animaux de pouvoirs, pour nous accompagner dans cette épreuve.
La hutte de sudation, c'est un peu comme la renaissance. Nous entrons nus, et sortons nus de la mère.
Je suis entrée dans cette hutte et les trois premiers quart-d'heure m'ont suffi. Elle ne dura pas longtemps.
Nous étions douze dans un endroit pas plus grand que ça, avec une chaleur de presque 80 degrés.
On a appelé l'enfant intérieur, l'esprit du sud, l'innocence et notre humilité. Pour guérir l'homme à sa plus tendre enfance, pour guérir l'homme avant son incarnation.
Mon cœur s'est accéléré. Je me suis écroulée. Le tambour battait et le chaman chantait dans une autre langue. Il faisait noir et je ne voyais que par moment des braises rougeâtres qui attendaient que l'eau se jette sur elles pour emplir la hutte de vapeur. J'ai commencé à transpirer comme je n'avais jamais sué. Mon bassin bouillonnait. De l'eau sortit de tous les pores de ma peau, le haut de mes jambes, le ventre, les reins, l'aine. Je transpirais du bassin. Et mon cœur battait la chamade au point que je perdis une première fois connaissance.
Trois quart-d'heure plus tard, je sortis de la hutte, dans le froid, la boue, et la pluie. Nue comme un ver, perdue comme un enfant. J'avais mal aux os, à la peau, aux muscles. Mes genoux ont lâchés, je suis restée seule allongée dans la terre quelques temps, emmitouflée dans une petite serviette, le temps de reprendre mes esprits, et retrouver la sensation d'une chair plus forte.
Après ces deux expériences, je ne fis plus jamais de cystites.

Se marier

Se marier
Se marier, on espère tous que ça n'arrive qu'une seule fois. C'est un engagement d'une vie qui se fait en une journée. On se dit avant le mariage « Alors comment j'aimerais qu'il soit, Mon Mariage? »
On ressent en même temps des émotions totalement contradictoires. Le stress, la peur, l'envie, l'appréhension, on est impatient.
C'est un peu comme la journée la plus longue et la plus courte en même temps. La plus longue car elle dure deux mois de préparation intense, parce que la veille est la journée la plus compliquée à gérer, parce que les événements qui se succèdent sont à la fois interminables et vite passés... La plus courte parce qu'on arrive à la fin de cette journée avec cette phrase. « Alors c'est comme ça que mon mariage s'est passé ? »
Le matin du mariage, j'ai d'abord redouté la route, avec ma vieille titine qui ne roulait pas à plus de 60 70km par heure.
Puis j'ai redouté l'arrivée de mon esthéticienne. Aujourd'hui, elle faisait la totale...
Puis j'ai redouté l'arrivée de ma témoin, Jul's, que je n'avais pas vue depuis cinq années.
Puis j'ai redouté la coiffeuse, qui m'a torturée tant elle tirait sur mes cheveux !
Quand j'ai mis la robe, j'ai suffoqué. On respire mal et on commence à vraiment stresser ! Et la sortie de la maison avec tout le monde qui attend, l'appareil photo à la main...
L'idée d'être le centre du monde est le rêve de toute petite fille et de toute princesse. Mais quand cette occasion arrive vraiment... elle est redoutable !
Puis la mairie, et le premier oui, on devient tout blanc. .
L'église a été pour moi un grand défi. De mon enfance j'avais gardé de cette religion une idée morbide à cause des décès... J'y allais cette fois pour le bonheur. Pour mon bonheur. Alors que je pouvais pleurer à un mariage par trauma, aujourd'hui, je vous avoue m'y faire chier mais ne plus être aussi touchée.
Et ce fut émouvant. Une chanson du roi lion a été chantée par la famille. (Le thème était Disney pour symboliser notre enfance éternelle, ce dans quoi nous avions grandi et la magie de cet univers...)

Le repas était délicieux. Retrouver toute ma famille, et mes amis n'avait pas de prix.
Nous avons eu aussi quelques surprises : Les sept nains ont défilé, la petite sirène a chanté une chanson, et plusieurs personnages Disney sont venus nous rendre visite !
Ma mère a fait une décoration de dingue. C'était une des choses les plus belles du mariage, avec le gros château de Disney en gâteau de mariage.
Nous avions une table Blanche Neige, roi lion, aristochats, 101 dalmatiens, Peter pan... Et nous nous étions le livre de la jungle bien sûr!
J'ai retrouvé ma marraine, et son mari Marc. Ils sont ceux qui me restent en famille éloignée côté paternel qui m'acceptent encore.
Retrouver Jul's et Corentin, danser avec eux, parler, et me retrouver à faire une réunion dans les toilettes à 5h du matin était magique. Voir mon tonton Nono danser sur AC/DC, je suis comblée.
Sourire à l’église a finalement été facile.
J'ai dû quitter la robe avant le repas, tellement elle était serrée, mais le bon côté c'est qu'on n’a pas eu à ouvrir de bal. Eh oui, sans robe... En tout cas merci tous ceux qui ont aidée... ça en fait un paquet !

Le Ladakh.

Le Ladakh.



Le Ladakh. Nord de L'inde. Himalaya. Frontière du Tibet.
Rien que ça, ça donne une idée de ce que l'on peut imaginer. Non pas ressentir. Aucun de ces mots qui seront dans ce texte ne pourra vous donner une seule petite idée de ce que l'on ressent vraiment là-bas. Et de ce que l'on ressent quand on revient.

Je vais commencer par le début.

Premier jour : Je retrouve un petit groupe à l'aéroport de Paris, bien sympa. Un médecin, une infirmière, une ostéo, une psy... Tous dans le domaine des médecines complémentaires. Et je rencontre Christiane, qui organise ce voyage. Une personne au grand cœur et pleine d'amour.
L'arrivée à Delhi après quelques heures d'avion fut étrange. Il était minuit. (Avec un décalage de trois heures et demi de plus heure d'été là-bas).
On m'avait parlé de la pauvreté là-bas mais devant l'aéroport, on ne le voit pas. Par contre, il y fait une chaleur de dingue. Humide, et étouffante. On se croit dans un vivarium.
Enfin, Delhi sera pour la fin, pour ce moment, nous prenons un avion à 5h30 pour Leh.

Jour 2 : Arrivée à Leh. 2800 m d'altitude. On respire ! On voudrait respirer mieux mais rien d'affolant, je m'attendais à pire. Et puis une odeur étrange surprend. L'air est sec, froid, sableux. Mais l'odeur, les locaux nous disent que ce sont celles des incinérations. En descendant de l'avion, du sable, un ciel bleu , des pierres et la montagne. C'est magnifique. Les informations arrivent en vrac. Des taxis klaxonnent, la poussière, les magasins où tout s'entasse, des ruines, des temples, des chiens, des vaches, le soleil et la montagne.
Au petit déj : omelette, tartines de beurre.
A midi : Riz, légumes au curry, dal (lentilles de coraux), une salade de riz, un peu de reiki sur le tout et dodo le reste du temps ! L'altitude, ça fatigue !!!

Jour 3 : Le 27 août 2013. Journée visite.
Nous visitons deux temples. Pas besoin de dire que l'énergie qui s'en dégage est incroyable et que les moines rayonnent de sagesse et de présence.
Nous avons également vu des moines enfants qui m'ont émue.
J'ai acheté un pendentif représentant dans le bouddhisme ce qui chasse l'ignorance.
Puis en fin d'après-midi, je me suis retrouvée dans une boutique de pierres. Le marchand m'a souri, et m'a dit « Bonjour Natacha ! Tu as un grand pouvoir que tu utilises pour les autres et pas assez pour toi. Moi aussi j'ai travaillé avec des chamanes, et tu as besoin de te protéger. Au retour de ton trek, reviens me voir, nous travaillerons ensemble. » Il m'a alors offert un rubis étoilé pour me protéger, que je dois garder sur moi, n'importe où je vais.

Jour 4 : Une journée en voiture. Départ pour le premier campement avant le trek à 180 km de Leh, en suivant la frontière du Cachemire.
Visite d'un temple, repas dans un petit village, observer les paysages, prendre des photos d'une station d'essence, de yaks, d'enfants...
L'arrivée au campement fut royale. On fit mieux la connaissance de nos guides : Les muletiers, les cuisiniers, l'helper et le guide principal. On a eu le droit à un repas aux chandelles, dans une tente. Ils étaient à notre service bien plus qu'on ne pourrait l'être pour n'importe qui. La leçon d'humilité commence.

Jour 5 : Premier jour de trek avec Youngtong, le guide. La première montée fut terrible. Mal des montagnes. Heureusement qu'on était tous dans les médecines. Huiles essentielles, et énergies.
Enfin, le trek ne s'arrête pas là. On a continué en traversant des gorges, en grimpant sur les rochers à l'aide des guides. Et là, je ne saurais expliquer mais autant je peux voir les totems en transe, et certaines énergies, autant, à ce moment-là, même sur les photos, le paysage et les énergies sont devenues presque palpables, et n'importe qui auraient pu les ressentir ; je voyais des chevaux galoper et descendre dans le sens du courant du ruisseau, et l'énergie de mon corps est devenue plus vive, et plus saine. J'étais comme soignée. L'eau était froide, et pure.
Puis après cela, nous sommes remontés à une grande place naturelle où ont été bâtis deux temples, et un temple troglodyte où a (supprimer le a) méditer Padma Sambava. Nous y avons dormi.
Sur ce dernier temple, sur la grotte, était inscrit dans la roche naturellement « Om Mani Padme hum. »
J'ai demandé ce soir-là à Youngtong, qui ne semblait pas porter d'importance plus grande qu'un respect à la religion et au bouddhisme en quoi il croyait, car on ne pouvait pas voir une chose si incroyable sans ne rien croire. Il m'a alors répondu : « Je n'y crois pas, mais j'ai confiance dans les choses. » Deuxième leçon.

Jour 6 : 8h de marches. Beaucoup plus éprouvant. J'ai pu faire un peu de cheval. C'était d'ailleurs dingue car j'avais la sensation qu'il me comprenait lorsqu'il était fatigué et que je le rassurais.
Quelques coups de soleil, quelques discussions enrichissantes avec Youngtong. Comparaison des peuples. Ici on ne juge pas. On est humble et patient. Tout le temps dans le présent. Naturellement.
Troisième leçon.

Jour 7:Moitié du séjour, déjà. La vieille, j'ai passé une grosse partie de la nuit à parler avec Youngtong. Beaucoup de choses se sont débloquées. Un lien puissant naissait.
J'ai appris sur ce peuple : la cohabitation avec les musulmans est difficile. Ils ne jugent pas cette religion, mais n'aiment pas ce qu'elle fait aux hommes. Ils ont un égo mais s'en servent pour se détacher. Pas besoin de ressentir les énergies ou de chercher la spiritualité comme nous. Elle est juste là, omniprésente.
Ce jour-là, nous avons pris le chemin vers la maison de l'Amchi. Nous sommes arrivés chez lui, il préparait le blé avec sa famille. Il nous a alors préparé un premier repas pour 5h, puis un autre dîner le soir. L'accueil est plus que chaleureux. Nous sommes comme des rois.
Là-bas, le soleil se couche à 19h, et très vite. Ça fout le cafard que les journées ne puissent continuer plus longtemps. On voudrait que le temps s'arrête quelque fois pour profiter encore plus. Mais bon, moment présent ! Ne pas réfléchir. Juste être là, comme une montagne.

Écriture instantanée :
Des fois je réalise où je suis. Des fois je cherche qui je deviens.
La sagesse et la vie semblent parfois paradoxales. Les émotions passent. Et partent. Les souffrances peuvent devenir inexistantes si on suit des règles. Le détachement. Oui mais comment ? Si s'attacher est souffrance, c'est aussi très agréable. L'acceptation. Oui mais je voudrais aussi pouvoir changer les choses. Certaines. La compassion. Le vieux chamane de Leh a raison, je ne suis pas protégée car je n'ai que l'empathie.
Et l'amour... Universel et inconditionnel. Pas si simple de s'aimer suffisamment pour ne plus juger ou bien juste aimer tout le monde. Difficile de dire « Je suis Dieu mais je ne pète pas plus haut que mon cul ». Pourtant je me surnomme Gaia. Où est-ce que j'en suis dans tout ça ? Venir ici remet en question ce que je pensais savoir de moi. La maturité n'existe pas. Il n'y a que la leçon de la vie.

Jour 8 : je me sens hors du temps. Et de l'espace. Mon cafard du départ commence déjà. Cinq jours ne représentent pas cinq jours. Mais à la fois deux jours et un mois. Ça fait un mois que je suis là et ça passe vite. Voilà je me sens hors du temps et de l'espace. Je suis venue chercher une chose et je ne veux plus repartir avec.
Je m'en fous des plantes. Je m'en fous de savoir à quoi elles servent et comment on les cueille et si on doit les faire sécher.
Si je dois revenir avec quelque chose, je ne sais pas encore quoi. La philosophie, les relations humaines.... Juste des photos avec quelques notions de médecine et de religion.
En tout cas, l'Amchi dégage vraiment quelque chose de fou. D'agréable. Comme beaucoup ici. Nous sommes allés chercher de la rhubarbe sauvage et le soir nous devons préparer le Tang.


PREPARATION D'UN MEDICAMENT PREPARE PAR L'AMCHI :

Pour faire un médicament à base de plantes, il faut une base de 7 substances.
Parmi elles, on peut trouver des racines, des branches, feuilles, noyaux, algues et fleurs. Mais aussi des parties animales.

Ces 7 plantes ou substances, sont dans un premier temps séchées. Les délais vont de 3 mois à une année. Puis elles sont écrasées à l'aide d'une grosse pierre et réduites en poudre dans un tamis.

En fonction de l'utilisation du médicament, celui-ci peut rester en poudre ou être transformé en petites billes.

On peut devoir les mâcher, les mettre sous la langue, les boire en tisane, les avaler avec de l'eau chaude, de l'eau froide ou du lait. Tous ont une heure particulière où leurs effets sont plus efficaces.


Jour 9:Le lac sacré. Une longue montée vers un glacier.
Youngtong m'a accompagnée au lac. Et le temps s'est arrêté. J'ai vu le lac, le glacier, les pierres, la terre, les couleurs froides. Et plus un bruit. Le silence. Les seuls sons perceptibles n'avaient plus aucun sens. Je me suis alors assise, les jambes tremblantes, et il s'est mis à neiger. J'ai pleuré. Pleuré comme je n'avais pas pleuré depuis bien longtemps. J'ai lâché. J'ai laissé au bord de ce lac tout ce que j'avais été. Tout ce que je pensais être. Et tout ce en quoi je croyais. J'ai laissé tout ce qu'un être est par ce qu'il apprend. Je n'ai gardé que Moi. Un Moi profond, un Moi enfant. Un Moi neuf. Un Moi lumière. Ce fut comme une sorte d'accomplissement. Je suis restée seule un long moment. Lorsque je suis redevenue calme, le ciel s'est éclairci, et un soleil tiède est apparu.
Alors que nous avons mis 5h à monter au sommet, nous n'avons mis que 2h30 pour redescendre.
Après cela, j'ai découvert certaines traditions ladakhi derrière un rocher...


 








 

 

Jour 10 : Come back to Phocart. La maison de Samphel et son neveu Youngtong.
Visite de l'école dont Christiane est la directrice. On a assisté à l'inauguration d'une nouvelle classe. C'était sacrément émouvant. Les enfants étaient en costume en fonction de leur tribu et ont dansé pour nous.
Aujourd'hui je collecte pour eux un peu d'argent pour financer les études d'un des enfants et aider à la construction de cette école. Aider Christiane.

Et bien sûr, le soir nous avons fait des momos avec la famille.
Le titre va prendre tout son sens maintenant : Les momos sont une sorte de ravioli à base de moutons, d'ail et d'épices.
Et qui nous a aidés ? Un moine qui est professeur dans l'école de Phocart. Les moines sont bel et bien végétariens. Mais ce n'est pas parce qu'on est végétarien, qu'on ne peut aider ceux qui mangent de la viande. Après tout chacun son choix de vie. Aucun n'est meilleur qu'un autre. Le meilleur en fait, c'est juste d'aider l'autre ! Et puis merde, ils étaient bons ces momos !
Le staff nous a fait un gâteau avec écrit « See you again ». Mais je ne veux pas être dans cette optique. Je suis triste de quitter Youngtong, je ne le verrai presque plus, mais garder contact je ne sais pas. C'est dur d'essayer de faire ça bien. Des fois je me sens détachée, et des fois attachée à jamais.

Jour 11 : Je rêve de rester sur les routes.
Retour à Leh. Seule avec mon rubis dans la voiture. Demain matin, nous verrons la chamane. L'oracle.
J'ai le blues. Quelle que soit l'endroit d'où je pars, il me manque. De chez moi, ou d'ici. J'ai le cafard.
On peut être heureux posé à un endroit. Mais j'ai la sensation de vivre 100 fois plus et 100 fois plus longtemps dans le voyage. Je ne me suis pas trompée dans ma voie, mais elle n'est pas à 100 % pour moi...
Je sais qu'on doit se sentir bien où que l'on soit si on est bien à l’intérieur. Et je suis bien partout, et encore mieux ailleurs...

Quelques anecdotes :
- J'ai acheté mes bijoux de mariage et alliance là-bas.
- Youngtong marche sur les braises.
- Ici, les ladakhi courent dans la montagne en tong. Nous on tombe doucement en grosses chaussures.

Ah l'attachement... Source de souffrance. L'attente, la peur, le besoin. Comment ne pas ressentir tout ça et être en paix ?
Croire qu'il arrive ce qui doit être et non ce que l'on veut qu'il soit ; Et accepter.
Je vais tenter de laisser venir les choses. Ça me laisse le temps d'être patiente et de réfléchir ; Non, méditer... Je ne sais plus la différence. Ou juste laisser aller. Ressentir qui je suis. Ou ce que je veux.

Jour 12 :
VISITE D'UNE CHAMANE

Les "chamanes" au Ladakh sont appelés Oracles ou Lhamo.
On peut leur poser n'importe quelle question, quelle maladie, quel souci.
Nous arrivons tous dans une petite pièce om sont disposés 7 bols, correspondant aux 7 bols de d'offrandes bouddhistes et où sont disposés plusieurs substances.
Dans un premier temps, la chamane allume une résine de copal qui enfume toute la pièce et nous plonge dans une transe qui coupe notre mental.
Elle commence à réciter des mantras, prend un chapelet et une cloche, et enfile petit à petit son vêtement d'Oracle.
Elle se munit alors en plus d'un petit tambour, toujours de sa cloche et de son « djorgé » qui permet de faire fuir l'ignorance, et entre en transe durant presque une demie heure.

Alors elle nous reçoit un par un et nous lui exposons nos soucis.
Pour ma part, je me demandais si je devais continuer les médecines dans mon pays ou m'élargir. Oui me dit-elle. Je reste où je suis incarnée.
Une amie demande simplement si celle-ci a un message pour elle. Sur quoi elle répond "Je n'ai rien à te dire, ta vie est belle, pourquoi viens-tu me tester?".
Une ladakhi s'approche avec son enfant. Celui-ci est malade. Ni une ni deux, la Lhamo prend une lame de sabre chauffée à rouge, la lèche sans se brûler et souffle sur l'enfant en chantant des mantras. Cette technique est aussi utilisée par les Amchi, très spirituelle et religieuse.
Une autre enfin s'approche, et se fait comme désenvoûter. La femme est alors frappée par le sabre, la chamane se met à lui crier dessus dans une langue incompréhensible puis souffle de nouveau sur la personne la langue brûlée.
Ces quatre expériences suffisent à nous envoûter! Ce fut une immersion enrichissante.

Dernière journée : Je me sens mélangée. Je retrouve à l'esprit un peu mes projets de vie et l'amour que je leur porte. Mon centre, les soins... Ce sera dur de partir quand même. Voyager comme ça m'avait beaucoup manqué. Je ne pensais plus à cette sensation et je ne veux plus l'oublier. Je veux la revivre éternellement et ce sera sans doute possible en créant de bonnes racines.
Je pourrai vivre les deux. Le voyage et l'enracinement dans une région. Mais effectivement je dois me protéger. Ce sera comme à l'aller, en plus intense. Le plus dur dans un voyage, c'est le voyage. Une fois à la maison, tout ira mieux. J'aime tout ce qui s'y trouve.
Dernière soirée emplie de rire avec Youngtong. Pas de peine, pas de pensée. Juste le présent. Comme une dernière petite pensée avant le départ.
Il y a eu un bon dîner, un grand au revoir. Et une nuit blanche et inoubliable.
Le retour à Delhi a été dur. Triste. Vide.
« C'est l'univers qui est grand, le monde lui est petit ». Et moi donc... Me voilà minuscule face à tout ce voyage.
On apprend à se détacher de sa propre vie. Pour se rattacher à son vrai Soi.