L'enfer
de la famille
Puis
elle m'a quittée. Elle est partie. Ma grand-mère adorée. Celle qui
me rattachait à tout mon côté paternel. Je n'avais plus que la
moitié d'une famille.
La mort, quand on
a 12 ans. Elle est étrange. Elle m'était familière. Mais putain ce
que j'en avais peur. Tous les deux ans environ, je perdais quelqu'un
de ma famille.
A mes deux mois,
un grand père. A 2 ans mon père. A 5 ans ma mémère Jeanne. Puis
ma mère (ou mémère ou arrière-grand-mère !!!) Ida. Puis ma
mémé Denise. Puis mon grand-père. Puis ma grand-mère. Celle en
trop ; celle que j'aimais aussi comme une mère.
La mort c'est un
sentiment étrange. D'abord, on ressent une sensation de frisson
chaud. Un pressentiment. On ne le sait pas encore, mais on le devine.
Quelques secondes avant s'écoule un temps infini où le corps reçoit
la sensation. Puis on annonce la chose. Alors la chaleur devient
bouillonnante et se fixe dans l'estomac. On ressent comme une envie
de vomir mais la gorge se sert. On ne peut parler. On ne peut
pleurer. Puis on ne peut respirer. La chaleur devient pression et
monte au crâne. La douleur devient intense. On est dans un étau et
on ne peut lâcher prise.
Alors l'air
arrive et la panique prend. Les pleurs sortent. La pression
redescend.
Et les sentiments
défilent : Incompréhension. Peur. Colère. Tristesse. Regrets.
Refus.
Après quelques
demi-heure, on arrive à une autre phase. L'acceptation. Le corps se
calme mais l'esprit se torture.
Après plusieurs
jours, on redevient triste. La colère s'en va. On prend conscience.
Seulement après
cela, on peut commencer une phase de deuil qui peut prendre plusieurs
années.
Ça, c'est quand
la mort est soudaine. Et qu'on ne l'aime pas. Pas quand on est sage,
et qu'on l'accueille.
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