mardi 26 novembre 2013

L'enfer de la famille

L'enfer de la famille

Puis elle m'a quittée. Elle est partie. Ma grand-mère adorée. Celle qui me rattachait à tout mon côté paternel. Je n'avais plus que la moitié d'une famille.
La mort, quand on a 12 ans. Elle est étrange. Elle m'était familière. Mais putain ce que j'en avais peur. Tous les deux ans environ, je perdais quelqu'un de ma famille.
A mes deux mois, un grand père. A 2 ans mon père. A 5 ans ma mémère Jeanne. Puis ma mère (ou mémère ou arrière-grand-mère !!!) Ida. Puis ma mémé Denise. Puis mon grand-père. Puis ma grand-mère. Celle en trop ; celle que j'aimais aussi comme une mère.
La mort c'est un sentiment étrange. D'abord, on ressent une sensation de frisson chaud. Un pressentiment. On ne le sait pas encore, mais on le devine. Quelques secondes avant s'écoule un temps infini où le corps reçoit la sensation. Puis on annonce la chose. Alors la chaleur devient bouillonnante et se fixe dans l'estomac. On ressent comme une envie de vomir mais la gorge se sert. On ne peut parler. On ne peut pleurer. Puis on ne peut respirer. La chaleur devient pression et monte au crâne. La douleur devient intense. On est dans un étau et on ne peut lâcher prise.
Alors l'air arrive et la panique prend. Les pleurs sortent. La pression redescend.
Et les sentiments défilent : Incompréhension. Peur. Colère. Tristesse. Regrets. Refus.
Après quelques demi-heure, on arrive à une autre phase. L'acceptation. Le corps se calme mais l'esprit se torture.
Après plusieurs jours, on redevient triste. La colère s'en va. On prend conscience.
Seulement après cela, on peut commencer une phase de deuil qui peut prendre plusieurs années.
Ça, c'est quand la mort est soudaine. Et qu'on ne l'aime pas. Pas quand on est sage, et qu'on l'accueille.

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