La colo
Ah la colo !
On aime ou on n’aime pas.
Ma première
colonie, c'était en Angleterre, une semaine, sur les traces de Jack
l'éventreur à Londres.
J'y ai trouvé un
groupe de nanas. Parmi elle, une « de derrière » et deux
« de devant ».
En tant que
personnes pleines de gaîté et socialement comblée, elles n'ont pas
hésité à laisser derrière elles notre dernière amie...
Je devais
choisir. Et j'ai été écorchée de dire à mes deux copines « Ne
me laissez pas avec ce boulet ».
Mais je devais
avancer, et être acceptée. Je me l'étais promis. Je commençais
mon ascension « devant ».
La colo suivante,
ça a été la Grèce. Mais cette fois, je savais faire partie d'un
groupe sans en dépendre.
Là-bas, on était
séparés en deux. Deux groupes. On a eu des soucis d'hygiène et de
santé. C'était un été de canicule. Les monos étaient
irresponsables. Elles allaient boire des coups et nous laissaient
seuls dans une maison avec des mecs qui frappaient aux portes, on a
pris trois douches en trois semaines, on a fait plusieurs insolations
à manger de la salade avant de faire 3h de kayak au soleil, sans
parler d’hypoglycémie. On a marché 9km avec 50cl d'eau pour
deux... Par la suite j'ai appris qu'elles s'étaient fait renvoyer.
Nous n'avions que quinze ans.
Mais à cette
colo, j'ai connu mon premier lien karmique. Un lien karmique, c'est
selon les croyances, une personne rencontrée dans une vie précédente
avec laquelle nous partageons un karma commun à réaliser. En fait,
ce sont ces personnes où tout sentiment se mélange ( ???). On
ne distingue pas l'amour, l'amitié, la fraternité et la souffrance
ou la haine. Et si l'on choisit l'un de ces piliers relationnels pour
avancer, on est sans cesse frustré. Ce sont ces relations qui ne
sont pas comme les autres. Passionnelles et destructrices.
Ma troisième
colonie se passait dans l'Aveyron. Moins exotique que les autres mais
dure émotionnellement aussi.
C'était une colo
de théâtre, et nous reprenions Cyrano de Bergerac. Trop de colons,
pas assez de personnages, je partageais le mien, le comte de Guiche,
avec le comte de Gauche, inventé.
Deux personnages
pour une personne, comme deux jumeaux. Ce fut aussi fort par la
suite.
Mon compagnon de
pièce était Julien. Il devint une des plus grosses douleurs
relationnelles que j'ai vécues. Et pourtant, ce n'était que sur un
pilier amical. « Que ».
Il devint mon
frère, ou une âme sœur. La fraternité et l'amitié se
mélangeaient. Je ressentais comme une moitié de moi vivre dans un
autre corps avec un autre cœur qui battait à l'unisson du mien.
Aujourd'hui, j'ai
toujours cette histoire au fond de moi, que j'essaye d'écrire, de
continuer. Avec d'autres amis, ou seule. Mais peut-être est-elle
faite pour ne pas se finir. Nous verrons plus tard.
La dernière
colo, je vous réserve l'histoire pour plus tard ! Contrairement
à celle-ci, ce fut la plus belle relation de ma vie.
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