mardi 26 novembre 2013

Le paradis de la famille

Le paradis de la famille

Mon enfance, telle que je m'en souviens, avec les images dont je me souviens, était emplie d'amour.
Je n'ai pas connu mon père, ni mon grand-père. Mais tous m'aimaient comme une petite fille unique. J'étais gâtée. Mes cadeaux prenaient plusieurs bassines à chaque Noël, chaque anniversaire. J'avais des crises de foie à chaque Pâques. J'ai eu un piano, un chien, des vélos, des rollers, des vêtements, des jouets... Nonos. Mon premier toutou. Un border collie. Je jouais avec les chatons du voisin chez ma grand-mère. J'allais jouer aux voitures chez mon grand-père à deux maisons de là. Il m'apprenait à pyrograver le bois. J'étais gâtée. Je recevais plein d'amour. Chaque jour. Trop. Comme une fille unique. Je connaissais mes quatre arrières grand-mères.
J'ai pu voyager. J'ai connu la Floride à mes 5 ou 6 ans, puis l'Egypte et la première tourista à 10 ans. Le goût du voyage m'habitait déjà. J'ai déménagé plusieurs fois encore, mais avec moins de peur les fois d'après.
Je passais mes vacances chez ma Dédette. Je jouais. J'avais des amis là où j'allais. Du moins jusqu'au collège.
J'étais comblée. Tous m'aimaient.
Mais, y'avait un mais. A 10 ans, j'ai pris conscience de la vie et de la mort.
Mon grand-père mourut, je n'en avais plus. Sa femme mourut. Mes arrières grands-mères moururent ou avaient déjà connu leur sort mais je prenais conscience de ce que cela représentait.
Et le paradis de la famille s'est transformé en peur de tous les perdre.
Sauf tant que j'avais ma Dédette. Dernière figure paternelle proche.

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