Le
paradis de la famille
Mon
enfance, telle que je m'en souviens, avec les images dont je me
souviens, était emplie d'amour.
Je n'ai pas connu
mon père, ni mon grand-père. Mais tous m'aimaient comme une petite
fille unique. J'étais gâtée. Mes cadeaux prenaient plusieurs
bassines à chaque Noël, chaque anniversaire. J'avais des crises de
foie à chaque Pâques. J'ai eu un piano, un chien, des vélos, des
rollers, des vêtements, des jouets... Nonos. Mon premier toutou. Un
border collie. Je jouais avec les chatons du voisin chez ma
grand-mère. J'allais jouer aux voitures chez mon grand-père à deux
maisons de là. Il m'apprenait à pyrograver le bois. J'étais gâtée.
Je recevais plein d'amour. Chaque jour. Trop. Comme une fille unique.
Je connaissais mes quatre arrières grand-mères.
J'ai pu voyager.
J'ai connu la Floride à mes 5 ou 6 ans, puis l'Egypte et la première
tourista à 10 ans. Le goût du voyage m'habitait déjà. J'ai
déménagé plusieurs fois encore, mais avec moins de peur les fois
d'après.
Je passais mes
vacances chez ma Dédette. Je jouais. J'avais des amis là où
j'allais. Du moins jusqu'au collège.
J'étais comblée.
Tous m'aimaient.
Mais, y'avait un
mais. A 10 ans, j'ai pris conscience de la vie et de la mort.
Mon grand-père
mourut, je n'en avais plus. Sa femme mourut. Mes arrières
grands-mères moururent ou avaient déjà connu leur sort mais je
prenais conscience de ce que cela représentait.
Et le paradis de
la famille s'est transformé en peur de tous les perdre.
Sauf tant que
j'avais ma Dédette. Dernière figure paternelle proche.

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