Le collège
Ah le collège.
C'est le début de l’expérience sociale.
Au collège, soit
on s'en sort socialement, soit pas du tout. Et malgré tout ce que
l'on dit, certains arrivaient socialement et scolairement !.
Moi c'était ni
l'un ni l'autre. Ou alors j'étais toujours sur le fil. La moyenne
que l'on nous donne prend une place importante. On est jugé sur nos
capacités intellectuelles. Si celles-ci sont trop hautes, on est
détesté pour notre réussite. Si celles-ci sont trop élevées (ou
faibles ?) on est risible pour notre stupidité.
Puis socialement,
il n'y a pas de note, mais il y a des catégories, et des marches.
Plus on est devant, mieux c'est . Moi, j'étais au fond. La tête de
turc. La 3ème plus laide. Ah oui parce que l'apparence physique
prend toute son importance. On commence à comprendre les critères
de beauté. Moi je ne les comprenais pas. Je ne voyais pas ce que ça
signifiait d'être beau, ou moche. J'aimais, ou je n'aimais pas. Moi,
on ne m'aimait pas, parce que j'étais moche. Alors je me suis dit
intérieurement « Plus tard, les cocos, je serais belle, et
vous, vous vendrez des hamburgers. »
Fallait alors que
je comprenne socialement comment évoluer. Tout ce chamboulement de
jugement superficiel a commencé en 5ème. J'avais donc trois années
pour comprendre le monde, et préparer le changement. Le lycée, tout
serait différent. Je me l'étais promis.
Alors je les ai
tous observés. Leur complexe à eux faisait (moi, je mettrais tout
ça au pluriel) les moqueries que je recevais.
Le rire leur
donnait des amis. Celui qui fait rire, on l'aime quand même. Alors
j'ai arrêté de me plaindre. J'ai ri. L'ascension pouvait commencer.

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